Traduction libre du site Buddha weekly

La plupart des bouddhistes connaissent Tara en tant qu’amie, sauveuse, Bodhisattva bienveillante et être éveillé. Les hindous la considèrent comme l’une des Mahavidyas ou de grandes déesses de sagesse – rôle qu’elle exerce dans le bouddhisme aussi. Pour les praticiens avancés, elle est également la grande mère de sagesse Prajnaparamita. Pourtant, en même temps et sans contradiction, Tara est l’amie intime et précieuse.

Comprenons-nous vraiment l’immensité qui est Tara? Elle est l’une des divinités de dévotion et de méditation les plus populaires, honorée partout dans le monde, pratiquée par toutes les écoles du bouddhisme Vajrayana, de nombreux bouddhistes mahayana, hindous et autres. Elle est si populaire qu’elle s’appelle « Mama Tara » – et elle ne se prend jamais au sérieux. Elle est une bonne amie au quotidien, une aide précieuse, une héroïne salvatrice, un guide précieux. Elle a toujours « le temps » pour tout le monde – après tout, le temps est relatif. Elle est aussi prompte à aider le prisonnier en prison que le pratiquant fidèle, sans discrimination. Si son nom est appelé, elle répond.

À un niveau très élevé, Tara est la Mère de Sagesse, manifestée en tant que Prajnaparamita.

Au niveau très élevé, elle est la « Non Manifestée », PrajnaParamita dans le bouddhisme, mais aussi la Mère de la Sagesse non manifestée dans l’hindouisme. Au niveau « intime », elle peut émaner comme une bergère, prête à sauver un voyageur égaré. Elle peut aussi s’incarner comme une princesse prête à aider un peuple.

Pourtant, Tara va au-delà de toutes ces conceptions et leurs contraites, et même l’imagination : Parajnaparamita, Dakini Varjayogini, Bouddha féminin, Consort du grand Bouddha Amoghasiddhi Dhyani, grande mère hindouiste, un ange pour ceux qui sont en détresse – et des milliers d’autres. Il existe 21 manifestations célèbres de Tara dont l’une est la bien-aimée Tara blanche. Dans les tantras supérieurs de Vajrayana, elle est Chittimani Tara et aussi Vajrayogini (Vajra Varahi).

Ses étiquettes sans fin peut facilement nous confondre mais en même temps, elles la définissent parfaitement. Elle est connue par des noms sans fin mais souvent comme Tara, Arya Tara, et, en tibétain, Jetsun Drolma. Elle est simultanément l’enfant spirituel d’Avalokiteshvara, née des larmes de compassion, et la Mère de ce même Bouddha. Mère et enfant du même être éclairé. Simplement méditer sur l’immensité de ces concepts est, en soi, stimulant et gratifiant.

Sa pratique : à la fois complexe et simple comme Tara

Comme avec sa vaste gamme de noms, d’apparences et de rôles, sa pratique peut être simple ou profonde. Elle répond bien à l’appel de son nom. Ou une simple pensée. Son mantra de dix syllabes, chanté des millions de fois chaque jour dans le monde, est associé à tout, des sauvetages urgents jusqu’à l’éveil.

Om Tare Tuttare Ture Svaha

Les sadhanas (pratiques) simplifiées pour les dévots incluent les pratiques de Tara verte et de Tara blanche qui peuvent être pratiquées avec ou sans transmission de pouvoir. Au fur et à mesure que le praticien progresse, les méditations de Tara peuvent devenir plus intenses, avec les pratiques du Tantra du Yoga Supérieur telles que Chittamani Tara. Même la pratique célèbre des 21 Taras, peut être pratiquée simplement avec 21 sadhanas et mantras séparés. Elle peut être pratiquée sous la forme de la grande Dakini Noire, Throma Nagmo, la forme courroucée de Prajnaparamita. Elle peut être pratiquée même sans nom, simplement en l’imaginant. Il y a, littéralement, une Tara, et une pratique Tara, pour tout le monde.

Tara dans ses multiples formes : Kuan Yin, la Madone et les autres

Beaucoup de gourous enseignent que Tara se manifeste à tous, pas seulement aux bouddhistes. Pour les bouddhistes chinois elle est Kuan Yin (Guan Yin). Beaucoup de chercheurs spirituels non bouddhistes – qui ont créé leur propre chemin – ont adopté Tara par son nom. Un grand enseignant Dzogchen, Chogyal Namnkai Norbu, a dit dans sa conférence sur le 21 Taras que quand il a vu une grande statue de la Madone à Rome, il savait que c’était Tara.

Ceci est typique de l’ouverture des bouddhistes et des hindouistes qui ont une complète tolérance et acceptation pour d’autres traditions. Cette acceptation est aussi dans le caractère de Tara et sa compassion maternelle omniprésente. L’inverse n’est pas toujours vrai : affirmer que sa divinité bien-aimée est la même que votre divinité peut involontairement offenser quelqu’un mais d’un point de vue bouddhiste, il n’y a généralement aucun conflit spirituel en pensant à Tara comme émanation dans d’autres traditions.

Tara aux milliers de couleurs : courroucée, bienveillante et tout ce qui existe entre les deux

Tara peut se manifester dans une myriade de formes, littéralement infinies, adaptées au besoin du pratiquant. Iconographiquement, elle peut apparaître dans n’importe quelle couleur. Communément, elle est Tara Verte, la sauveuse et principale manifestation de Tara. Elle est également connue sous le nom de Tara Blanche, déesse de la longévité et de la guérison.

Les 21 formes de Tara qui ne sont que le commencement des milliers d’émanations et aspects de Tara.

Elle peut être Ugra Tara, la Tara Noire du mantra secret qui est la source même de Tout, puisque le son (ou les fréquences) sont souvent considérés comme la source de la manifestation dans certaines croyances bouddhistes et hindoues.

Tara Rouge apprécie beaucoup d’amour passionné car elle est la Tara qui attire et qui aide les êtres avec la puissance de l’attraction positive. Tara Jaune aide ceux qui luttent avec la pauvreté ou tout simplement pour aider à fournir les ressources nécessaires pour aider les autres êtres.

Quest-ce que Tara fait?

Bien que tous les Bouddhas et les êtres éveillés aient les mêmes rôles, la première question des personnes nouvellement introduites à Tara, ou toute divinité, est souvent « Qu’est-ce qu’elle fait? »

Que fait Tara? « Fait » est un terme relatif. Relativement, elle est la sagesse en action. Elle est la compassion en action. Tara est la combinaison de la sagesse et de la compassion. En fin de compte, elle est la sagesse réalisant la vacuité. Elle est l’ultime héroïne en action – les moyens et la méthode. Son nom inclut « l’Héroïne Rapide », qui la décrit parfaitement.

En Tara, nous retrouvons la combinaison de la sagesse et de la compassion.

Elle est rapide comme le vent. Sa couleur verte est représentative de l’élément rapide et actif du vent, de l’intrépidité et de la sagesse imperturbable, reflet de son époux, Amoghasiddhi. Aussi, sans contradiction, Tara est souvent considérée comme le conjoint d’autres Bouddhas masculins. Elle peut aussi être considérée comme l’aspect féminin d’Avalokitesvara (Chenrezig). Elle est également considérée comme leur mère. Et, dans le cas d’Avalokiteshvara (Chenrezig), sa fille spirituelle. Consort, mère, fille, toutes à la fois, est un concept profond et réfléchissant. Bien que tout cela semble contradictoire, c’est d’un point de vue étroit et relatif. En fin de compte, il n’y a pas de contradiction. Même, à un niveau relatif, il n’y a pas de contradiction. (Il est important de comprendre que la Fille et la Mère n’impliquent pas des relations familiales physiques, de la même manière que l’union sexuelle des deux conjoints n’est pas physique – elle représente l’union de la Sagesse et de la Compassion).

Pourquoi elle est ainsi adorée?

Qui n’aime pas une mère? Que ce soit par le nom de Maman, Tara, Madone ou Terre Mère, la mère est un concept universellement abordable. Telle une mère, Tara ne questionne pas ses enfants. Si nous avons besoin de son aide, indépendamment de nos propres défauts, nous recevrons son aide.

Rien ne peut résister à la compassion d’une mère. Littéralement, les mères ont soulevé des voitures hors des enfants pris au piège. Une mère mourrait pour sa famille. L’amour de Tara va même au-delà de ce niveau. Elle aime tout, avec équanimité.

Dans la fameuse histoire de Jigme, un ancien conte tibétain, elle sauve sans cesse Jigme maintes fois, même après avoir commis des crimes et d’être allé en prison. Sans cesse, encore et encore, elle vient à son secours. Peu importe qu’il n’apprenne pas ses leçons. C’est l’amour maternel, pour tous, sans discrimination.

Ysis Sophia
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Ysis Sophia

Ysis Sophia est la fondatrice de l'EMD/OD et se consacre profondément aux mystères de la Dame Noire (Nigra Dea). Elle est prêtresse de Sophia, Cybèle et Tara.
Son amour pour le Divin Féminin est tel qu'elle y consacre sa spiritualité.
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