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Maât: l’équilibre entre le ciel et la terre

par | 2 Août 2013 | Visages de Dea |

A l’origine du monde Elle était déjà là, veillant à l’équilibre cosmique, à l’harmonie entre tous les êtres… Elle est l’ordre du Ciel et celui de la Terre, responsable des saisons, du jour et de la nuit, de la chute des pluies.

Etymologie

L’adjectif Maâ, signifiant « juste », « vrai », « comme il faut », « véritable », « excellent », « vénérable », en équilibre », « parfait », etc., bref toutes valeurs positives, est à la base du nom de la Déesse de la justice, de la vérité et de l’équilibre, ainsi que de l’ordre cosmique et social. Le même vocable désigne la base des trônes divins et royaux.

Maât apparaît toujours sous forme humaine, c’est une Déesse à la peau ocre jaune représentée soit debout ou assise sur ses talons. Vêtue d’une longue robe fourreau archaïque propre à toutes les Déesses, Elle porte également des bijoux propres aux divinités et parfois aux personnages royaux tel que : le collier ousekh formé de plusieurs rangs de perles multicolores, les périscélides, sortes d’anneaux portés autour des chevilles…

Dans les tombes Maât est souvent représentée avec des ailes.

Son attribut le plus constant est la plume hiéroglyphe de son nom qui surmonte sa tête. Elle tient souvent la croix ankh, le signe de vie.

L’élément de Maât est l’air, et comme lui Elle pénètre tout (tout être vivant) et partout (tous les lieux), Elle est le souffle divin et l’atmosphère. Elle est omniprésente dans la vie des égyptiens représentant également la justice par la personne du « vizir » qui porte le titre de « prophète de Maât. » à qui on rappelle lors de son investiture qu’ « agir selon la Maât est la base de l’efficacité et de la réputation d’un fonctionnaire », mais tous les égyptiens, aussi bien le Pharaon que ses nombreux sujets, sont chargés de la faire régner.

Bien qu’aucune structure de temple lui étant dédiée ne nous soit parvenue, Maât est présente dans tous les temples et sanctuaires d’Egypte car « Elle est l’offrande suprême du culte divin journalier. »

« Faire monter Maât » aux Dieux qui « se nourrissent de Maât » constitue le lien entre Ciel et Terre, telle est la réponse des humains à la loi divine universelle. » Se nourrir de Maât, cette nourriture subtile, est nécessaire aux Dieux car Elle préserve « l’harmonie des sphères » et leur permet d’agir selon l’ordre cosmique.

Fonctions

Maât est, à l’origine, un concept cosmique, représentant l’équilibre de l’univers, la loi divine la justice immanente. Cette loi régit toute la création : les Dieux la portent en eux et la font rayonner sur le monde ou toute créature la reçoit, mais avant tout, et consciemment, les humains. Cette étincelle divine est leur conscience et leur permet de reconnaître le Bien, mais aussi le Mal. Maât est l’ordre de la création divine, opposé au chaos incréé, préexistant et toujours latent, que l’action de la Déesse permet de juguler. Fils des dieux, le Roi porte Maât en lui et s’efforce de la faire régner sur terre. La loi divine devient donc la base (maât !) de toute structure sociale et de la législation humaine.

Les hommes « vivant selon Maât » peuvent espérer être justifiés par le tribunal d’Osiris lors de la pesée de l’âme, être déclarés « bienheureux » et connaître une nouvelle existence dans l’au-delà. Ce jugement se déroule non seulement en présence d’Osiris et de Thot, mais aussi de Maât : le fléau de la balance et le peson sous forme de plume sont Maât.

Les Dieux, sources, mais aussi fournisseurs de Maât, ont besoin de la recevoir en retour, afin de se recharger de l’énergie sublime. « Faire monter Maât vers les Dieux » est l’acte suprême du culte divin accompli par le roi. C’est le lien entre les hommes et les Dieux qui « se nourrissent de Maât », l’échange entre les énergies complémentaires, terrestres et divines, nécessaire à l’équilibre universel. Maât reflète le vieux rêve de l’humanité d’un monde juste et équilibré où chacun peut vivre heureux et en paix. Il nous semble urgent, vu l’état actuel de notre planète, de réactiver Maât. »

Maât ne fait pas partie des divinités ayant été adoptées par d’autres civilisations antiques, Elle est typiquement égyptienne. Malgré cela sa place et ses fonctions ont trouvé écho dans les religions monothéistes comme le christianisme… de même la balance du jugement divin, de la pesée de l’âme, est toujours le symbole de la justice, de l’équilibre et de l’équité.

Les compagnons de Maât

Entre les temples funéraires de Thèbes et la vallée des Rois, on trouve une petite nécropole composée de tombes, de caveaux, de chapelles, de petites pyramides.

Il ne s’agit pas de tombeaux de princes, mais de tombeaux d’ouvriers, ceux qui précisément aménageaient les tombes des pharaons. Ces ouvriers étaient appelés « hommes de l’équipe de la nécropole », mais ils se nommaient eux-mêmes « serviteurs dans la place de Maât » comme si, construisant leurs propres tombes à l’instar de celles des princes, ils accomplissaient l’équilibre qui était la mission de la Déesse.

 

Sources
  • Wikipédia
  • Dictionnaire illustré des dieux de l’Égypte, par Ruth Schumann Antelme et Stéphane Rossini
  • Larousse des Mythologies du Monde,  Fernand Comte
Péma Keltoï

Péma Keltoï

Péma Keltoï puise à même Tellus Mater, La Grande Terre Mère, celle qui se rapproche le plus pour moi de ma vision de la Grande Terre Mère universelle....
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