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Rite de dépouillement avec Inanna

par | 11 Oct 2013 | Rites déanistes |

Archétype : la Chamane

Pour qui ? Les personnes qui souhaitent « remettre les compteurs à zéro ». Les personnes qui envisagent le dépouillement comme une mise à nu nécessaire afin de prendre conscience de leurs forces propres et afin de vérifier les fondations sur lesquelles bâtir leur savoir et leur puissance.

Période : Les sept derniers soirs avant la Nouvelle Lune et le matin de celle-ci. Ce rituel peut aussi être pratiqué sept jours avant le solstice d’hiver et le matin de celui-ci.

Matériel nécessaire :  sept objet qui symbolisent, par rapport à vous :
  1. la froide raison qui entrave l’instinct;
  2. la communication (avec les humains et avec les esprits et / ou les divinités et / ou les guides spirituels);
  3. la douceur et la consolation;
  4. le pouvoir par les désirs de la chair;
  5. le pouvoir sur autrui et le monde;
  6. l’action qu’on a sur les choses;
  7. l’apparence sous laquelle on se montre.

Vous devez également prévoir :

  • deux encensoirs et deux charbons
  • (bois de) santal (huile essentielle, encens…)
  • cyprès et / ou saule blanc (huile essentielle, encens…)
  • un voile sombre (noir) ou un morceau de tissu noir
  • une bougie mauve ointe d’huile de cèdre et tressée de lin
  • du gros sel
  • un encens de purification (sauge – à éviter pour les femmes enceintes ! –, thym, romarin, lavande, persil, etc., seul ou en mélange)
  • un endroit d’ « oubli » : un lieu où vous déposerez les sept objets afin de les faire disparaître de votre réalité le temps du rituel

Si Inanna est surtout connue en tant que déesse de l’Amour, de la Guerre et sous sa figure de Reine, sa descente dans le royaume d’Ereshkigal – sa sœur qui règne sur les défunts – apparaît comme un voyage initiatique chamanique. Inanna avance vers les Enfers chthoniens en franchissant sept portes. À chacune d’elles, le gardien la dépouille d’un attribut de sa puissance. Elle arrive ainsi nue face à la déesse de la Mort et du Royaume souterrain, qui la transforme en cadavre et pend sa dépouille en décomposition à un crochet. Cette torture figure la mort et le démembrement, rite de passage obligatoire que l’apprenti chaman expérimente dans la réalité non-ordinaire.

Par le rituel du dépouillement, nous demandons à vivre le chemin initiatique qu’a suivi Inanna sans forcément avoir à envisager un voyage chamanique – pratique qui n’est pas évidente ni forcément aisée. Il vaut mieux choisir un moment dans sa vie où l’on se sent plutôt stable, au cas où cette expérience remuerait des émotions et des souvenirs perturbants. Il est également conseillé de restreindre sa nourriture et de beaucoup boire (pas d’alcool, éviter le café et le thé noir) deux, trois jours avant le début du rituel et durant toute la durée de celui-ci afin de favoriser la purification de notre corps et de notre esprit.

Déroulement du rituel

Préparez-vous et préparez le lieu selon votre coutume. Prenez soin de très bien protéger l’endroit où vous accomplirez le rituel, ainsi que le lieu d’oubli où vous déposerez les symboles de votre pouvoir.

Disposez sur votre autel, ou équivalent, l’offrande de santal pour Inanna. En retrait, cachée par le voile, déposez l’offrande de cyprès et / ou de saule pour Ereshkigal. Portez sur vous l’objet 1, qui symbolise la froide raison.

Prenez conscience de votre corps et de ce que vous vous apprêtez à accomplir. Lorsque vous vous sentez prêt(e), allumez la bougie.

Inanna, Reine des Cieux, de la Terre et des Mers, Toi qui gouvernes les Vivants et favorises ceux que les passions animent, j’en appelle à ta bénédiction. Flamboyante Dame de l’Astre, Tu descendis dans les ténèbres souterraines, semant derrière Toi les miettes de ta puissance. Je Te supplie de m’accorder ta grâce.

Allumer l’encens de santal.

Que ton parfum doux et prégnant m’entoure et m’enlace, que le baume de ta présence embrasse ma peau et caresse mon âme. Je m’en remets à Toi en toute confiance et en tout amour.

Et, à ta suite, je descends les marches du domaine d’Ereshkigal.

Avant de pratiquer la visualisation, en appeler à la magnanimité de la déesse de la Mort.

Ô puissante Ereshkigal, Dame d’Ombre et de Souffrance, terrible et honorée, je rampe à Toi, T’implorant les mains dressées et le corps souillé de boue. Je viens pleurer sur les cendres dans ta bouche, sur la craie dans tes narines, pour tes seins flasques et pour ton vagin gelé. Ô Mère des Défunts, pauvre Mère des Défunts, quel malheur est le tien ! Cette douleur est qui tienne, quel malheur ! Oï oï, pauvre Mère des Défunts…

Allumer le cyprès.

Vous êtes dans un lieu sombre. Vous marchez. Devant vous, une porte ou un portique. Peut-être y a-t-il quelqu’un ? Vous portez une couronne de froide raison, qui domine et contraint les esprits virevoltants et fous. Alors que vous franchissez le passage, la couronne vous est ôtée.

Déposer l’objet 1 sur l’autel et le recouvrir du voile. Méditer quelques instants. Ne pas parler – les morts des royaumes souterrains ne parlent pas au royaume des vivants. Éteindre la bougie.

Achever le rituel et rendre le lieu à la réalité ordinaire selon votre coutume. Par la suite, déposer l’objet 1 dans le lieu d’oubli et récupérer le voile pour le deuxième jour.

Répétition du rituel

Ce rituel est à répéter six soirs, pour un total de sept soirées pour sept objets. Voici les correspondances dans l’ordre :

Soirées – Attributs d’Inanna – Objets symbolisant…

  1. Première – Le shugurra, la couronne de la steppe – La froide raison
  2. Deuxième – Le tour de cou en lapis-lazuli – La communication
  3. Troisième – Le double rang de perles sur ses seins / Les pierres-nunuz jumelées de ses seins – La douceur et la consolation
  4. Quatrième – Le soutien-gorge “Viens homme, viens” – Le pouvoir des appétits de la chair
  5. Cinquième – L’anneau d’or – Le pouvoir sur autrui et le monde
  6. Sixième – Les bracelets en lapis-lazuli – L’action qu’on a sur les choses
  7. Septième – Le vêtement-pala, longue robe de seigneurie – L’apparence sous laquelle on se montre, son masque pour le monde
Clôture du rituel

Le huitième jour, matin de la Nouvelle Lune, préparez-vous et préparez le lieu selon votre coutume. Prenez soin de très bien protéger l’endroit où vous accomplirez le rituel, ainsi que le lieu d’oubli où vous avez déposé les symboles de votre pouvoir. L’idéal serait de pratiquer sans que la lumière du soleil vous ait touché(e), sans que vos yeux ait vu la lumière du jour – cela viendra après cette partie du rituel.

Ô puissante Ereshkigal, Dame d’Ombre et de Souffrance, terrible et honorée, je gis devant Toi, nue comme au premier jour de ma Vie, grelottant(e) après la première nuit de ma Mort. Je pleure ta douleur et tes privations, je pleure les malheurs qui T’ont aigrie. Je geins et je crie et me couvre de poussière devant la grande injustice qui T’a frappée de ne plus connaître que la cendre et le froid suintant.

Vois mes larmes, ô Mère des Défunts, vois mes larmes sacrées qui coulent pour Toi et recouvrent ma carcasse. Sens le sel des Vivants qui se répand sur mon corps et sur mon âme et qui les garde de la putréfaction.

Prendre le sel et s’en frotter le corps afin de se purifier. Le sel qui n’est pas tombé à terre, le poser sur l’autel ou dans une coupelle sur celui-ci.

Ce goût du sel, je Te le donne. Accepte-le, ô Mère des Défunts, comme tu accueilleras mon spectre à l’heure de ma mort.

Allumer l’encens de purification.

Que cette fumée pénètre en chacun de mes corps, car je ne quitterai les portes d’Irkalla que pur enfant de vie, en une nouvelle naissance lavée de mes doutes et de mes fourvoiements, et baignée de sagesse. Que l’inutile aux Vivants soit donné aux Enfers, que les peines comme les richesses soient ainsi partagées. Que ce qui est mort pour moi le soit aux yeux de chacun, que ce qui m’alourdit demeure dans les souterrains.

Allumer l’offrande à Inanna.

Dépouille pendue au crochet, Amante oubliée de Dumuzi, Reine pleurée par tes fidèles, Inanna, les Enfers t’ont enseigné ta place et la juste mesure de ton pouvoir. Les ténèbres ont jeté leur lumière sur le plein soleil de ta vie.

J’ai marché dans tes pas, précédé(e) et protégé(e) de ta torche haut levée. À présent, je Te suis vers le monde des Vivants ; j’avance sans me retourner, car j’ai banni tout regret et toute peur. À présent, je suis solide car rongée jusqu’aux os. Ton parfum doux et prégnant me murmure les plaisirs de ce monde et la saine jouissance de ceux-ci. À présent, Tu T’élèves, Flamboyante Dame de l’Astre, et j’admire ta beauté souveraine. Aujourd’hui comme la veille semblable au lendemain, je m’en remets à Toi en toute confiance et en tout amour.

Qu’Ereshkigal, la triste Mère des Défunts, soit remerciée et vénérée.

Qu’Inanna, Reine des Cieux, de la Terre et des Mers, soit remerciée et honorée.

Éteignez la bougie et achevez le rituel selon votre coutume afin de rendre le lieu à la réalité ordinaire. Enterrez le sel à un endroit qui ne causera pas de dommage à la nature.

Laissez les objets encore un jour complet dans l’endroit d’oubli. Si vous souhaitez les laisser plus longtemps, ou les récupérer un par un dans l’ordre qui vous semble juste, vous le pouvez aussi.

la Tissenthière

la Tissenthière

La Tissenthière est une praticienne Reiki versée dans une spiritualité libre et proche de la nature. Le Féminin sacré se présente très vite dans son parcours comme une première étape, importante, suivie de nombreuses autres. Elle explore les pratiques chamanistes depuis quelques années et a à cœur de développer une spiritualité et une ligne de vie « écologiques ».
la Tissenthière

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